Band 
Tome premier.
Seite
60
JPEG-Download
 

( 6 o ')

11 füyoit, dès qu’il le pouvoit, à sa terre : il yretrouvoit avec joie sa philosophie, ses livres,et le repos. Entouré de gens de la campagne,dans ses heures de loisir, après avoir étudiél’homme dans le commerce du monde et dansl'histoire des nations, il l’étudioit encore dans cesâmes simples que la nature seule a instruites, etil y trouvoit à apprendre : il conversoit gaiementavec eux ; il leur cherchoit de l’esprit , commeSocrate ; il paroissoit se plaire autant dans leurentretien que dans les sociétés les plus brillantes,sur-tout quand il terminoit leurs différents , etsoulageait leurs peines par ses bienfaits.

Rien n’honore plus sa mémoire cpie l’économieavec laquelle il vivoit , et qu’on a osé trouverexcessive dans un monde avare et fastueux, peufait pour en pénétrer les motifs et encore moinspour les sentir. Bienfaisant et par conséquentjuste, M. de Montesquieu ne voulut rien prendresur sa famille , ni des secours qu’il donnoit auxmalheureux, ni des dépenses considérables aux-quelles ses longs voyages , la foiblesse de sa vue,et l'impression de ses ouvrages , l’avoient obligé.Il a transmis à ses enfants , sans diminution niaugmentation, l’héritage qu’il avoit reçu de sespères ; il n’y a rien ajouté que la gloire de sonnom et l’exemple de sa vie. Il avoit épousé, en1715, demoiselle Jeanne de Lartigue, fille dePierre de Lartigue , lieutenant - colonel aurégiment de Maulévrier. Il en a eu deuxfilles, et un fils qui, par son caractère, scs

moeurs