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Tome premier.
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avoit très-peu de choses vraies dans le livre del’abbé du Bos sur Y établissement de la monarchiefrançaise dans les Gaules , et qu’il en aurait faitune réfutation suivie, s’il ne lui avoit fallu le relireune troisième ou une quatrième fois ; ce qu’ilregardoit comme le plus grand des supplices.

L’importance des ouvrages dont nous avonseu à parler dans cet éloge, nous en a fait passersous silence de moins considérables, qui servoientà l’auteur comme de délassement , et qui au-raient suffi pour l’éloge d’un autre. Le plus re-marquable est le Temple de Guide , qui suivitd’assez près les Lettres persanes. M. de Montes-quieu , après avoir été dans celles-ci Horace,Théophraste et Lucien, fut Ovide et Anacréondans ce nouvel essai. Ce n’est plus l’amour des-potique de l’orient qu’il se propose de peindre ;c’est la délicatesse et la naïveté 40 de l’amourpastoral, tel qu’il est dans une aine neuve quele commerce des hommes n’a point encore cor-rompue. L’auteur, craignant peut-être qu’untableau si étranger à nos moeurs ne parût troplanguissant et trop uniforme, a cherché à l’animerpar les peintures les plus riantes. Il transportele lecteur dans des lieux enchantés , dont à lavérité le spectacle intéresse peu l’amant heureux,mais dont la description flatte encore l’imaginationquand les désirs sont satisfaits. Emporté par sonsujet, il a répandu dans sa prose ce style animé,figuré et poétique , dont le roman de Télémaquea fourni parmi nous le premier modèle. Nous