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Tome premier.
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ignorons pourquoi quelques censeurs du Templede Guide ont dit à cette occasion qu’il auroit eubesoin d'être en vers. Le style poétique, si onentend, comme on le doit, par ce mot un styleplein de chaleur et d’images, n’a pas besoin pourêtre agréable de la marche uniforme et cadencéede la versification ; mais si on ne fait consister cestyle que dans une diction chargée d’épithètesoisives, dans les peintures froides et triviales desailes et du carquois de l’Amour, et de semblablesobjets , la versification n’ajoutera presque aucunmérite à ces ornements usés ; on y cherchera tou-jours en vain lame et la vie. Quoiqu’il en soit,le Temple de Gnide étant une espèce de poëmeen prose, c’est à nos écrivains les plus célèbres ence genre à fixer le rang qu’il doit occuper : ilmérite de pareils juges. Nous croyons du moinsque les peintures de cet ouvrage soutiendroientavec succès une des principales épreuves desdescriptions poétiques , celle de les représentersur la toile. Mais ce qu’on doit sur-tout remar-quer dans le Temple de Gnide, c’est qu’Anacréonmême y est toujours observateur et philosophe.Dans le quatrième chant il paroît décrire lesmoeurs des Sybarites , et on s’apperçoit aisémentque ces moeurs sont les nôtres. La préface portesur-tout l’empreinte de l’auteur des Lettres per-sanes. En présentant le Temple de Guide commela traduction d’un manuscrit grec , plaisanteriedéfigurée depuis par tant de mauvais copistes,il en prend occasion de peindre d’un trait d*