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Tome premier.
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( S6 )

de la police de la religion ; par le droit civil,qui est celui des membres d’une même société ;par le droit politique, qui est celui du gouver-nement de cette société ; par le droit des gens,qui est celui des sociétés les unes par rapport auxautres. Ces droits ont chacun leurs objets dis-tingués , qu’il faut bien se garder de confondre.On ne doit jamais régler par l’un ce qui appar-tient à l’autre, pour ne point mettre de désordreni d’injustice dans les principes qui gouvernentles hommes. Il faut enfin que les principes quiprescrivent le genre des lois , et qui en circonscri-vent l’objet, régnent aussi dans la manière deles composer. L’esprit de modération doit , au-tant qu'il est possible , en dicter toutes les dispo-sitions. Des lois bien faites seront conformes àl’esprit du législateur , même en paraissant s’yopposer. Telle étoit la fameuse loi de Solon parlaquelle tous ceux qui ne prenoient point de partdans les séditions étoient déclarés infâmes. Elleprévenoit les séditions, ou les rendoit utiles, enforçant tous les membres de la république à s’oc-cuper de ses vrais intérêts. L’ostracisme mêmeétoit une très-bonne loi ; car, d’un côté , elleétoit honorable au citoyen qni en étoit l’objet; etprévenoit, de l’autre, les effets de l’ambition : ilfalloit d’ailleurs un très-grand nombre de suffrages,et on ne pouvoit bannir que tous les cinq ans.Souvent les lois qui paraissent les mêmes n’ont nile même motif, ni le même effet, ni la mêmeéquité; la forme du gouvernement, les conjonctures,