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Tome premier.
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UVKi. I , C H A P. I.

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qu’ils n’ont pas faites. Avant qu’il y eût des êtresintelligents, ils étoient possibles ; ils avoient doncdes rapports possibles, et par conséquent des loispossibles. Avant qu’il y eût des lois faites, il yavoit des rapports de justice possibles. Dire qu’iln'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu’ordon-neut ou défendent les lois positives, c’est direqu’avant qu’on eût tracé le cercle tous les rayonsn ttoient pas égaux.

Il faut donc avouer des rapports d’équité an-térieurs à la loi positive qui les établit : comme,par exemple, que , supposé qu’il y eût des so-ciétés d'hommes , il seroit juste dè se conformerà leurs lois; que , s’il y avoit des êtres intelligentsqui eussent reçu quelque bienfait d’un autre être,ils devr’oient en avoir de la recormoissance ; que,si un être intelligent avoit créé un être intelligent,le créé devrait rester dans la dépendance qu’il aeue dès son origine ; qu’un être intelligent, quia fait du mal à un être intelligent , mérite derecevoir le même mal ; et ainsi du reste.

Mais il s’en faut bien que le monde intelligentsoit aussi bien gouverné que le monde physique;car, quoique celui-là ait aussi des lois qui , parleur nature, sont invariables, il ne les suit pasconstamment comme le monde physique suit lessiennes. La raison en est que les êtres particuliersintelligents sont bornés par leur nature , et parconséquent sujets à l’erreur ; et, d’un autre côté,ii est de leur nature qu’ils agissent par eux-mêmes.Ils ne suivent donc pas constamment leurs lois