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primitives ; et celles mêmes qu’ils se donnent, ilsne les suivent pas toujours.
On ne sait si les bêtes sont gouvernées par leslois générales du mouvement, ou par une motionparticulière. Quoi qu’il en soit, elles n’ont pointavec Dieu de rapport plus intime que le restedu monde matériel ; et le sentiment ne leur sertque dans le rapport qu’elles ont entre elles , ouavec d’autres êtres particuliers , ou avec elles-mêmes.
Par l’attrait du plaisir elles conservent leurêtre particulier , et par le même attrait elles con-servent leur espèce. Elles ont des lois naturelles,parce qu'elles sont unies par le sentiment ; ellesn'ont point de lois positives, parce quelles ne sontpoint unies par la connoissance. Elles ne suiventpourtant pas invariablement leurs lois naturelles;les plantes, en qui nous ne remarquons ni con-noissance ni sentiment, les suivent mieux.
Les bêtes n’ont point les suprêmes avantagesque nous avons ; elles en ont que nous n’avonspas. Elles n’ont point nos espérances, mais ellesn’ont pas nos craintes ; elles subissent commenous la mort, mais c’est sans la connoître : laplupart même se conservent mieux que nous , etne font pas un aussi mauvais usage de leurs pas-sions.
L’homme, comme être physique, est, ainsique les autres corps, gouverné par des lois in-variables ; comme être intelligent , il viole sansCesse les lois que Dieu a établies, et change celles