LIVRE I, C II A P. II.
101
qu’il établit lui-même. Il faut qu’il se conduise ;et cependant il est un être borné ; il est sujet àl'ignorance et à l’erreur, comme toutes les intel-ligences finies ; les foibles connoissances qu’il a,il les perd encore. Comme créature sensible, ildevient sujet à mille passions. Un tel être pou-voit à tous les instants oublier son créateur ; Dieul’a rappelé à lui par les lois de la religion : un telêtrepouvoit à tous les instants s’oublier lui-même ;les philosophes l’ont averti par les lois de la mo-rale : fait pour vivre dans la société, il y pouvoitoublier les autres ; les législateurs l’ont rendu àses devoirs par les lois politiques et civiles.
CHAPITRE II.
Des lois de la nature.
xjLvant toutes ces lois sont celles de la nature,ainsi nommées parce quelles dérivent unique-ment de la constitution dé notre être. Pour lesconnoître bien, il faut considérer un homme avantl'etablissement des sociétés. Les lois de la natureseront celles qu'il recevroit dans un état pareil.
Cette loi qui, en imprimant dans nous-mêmesl’idée d’un créateur, nous porte vers lui , est lapremière des lois naturelles par son importance,et non pas dans l’ordre de ces lois, L’homme,dans l’état de la nature, auroit plutôt la faculté