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Tome premier.
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LIVRE II, C II A P. II I.

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le secret et dans le silence. Cette magistraturedoit avoir une inquisition générale, parce quellen’a pas à arrêter les maux que l’onconnoît, maisà prévenir même ceux qu’on ne connoît pas.Enûn cette dernière est établie pour venger lescrimes qu’elle soupçonne ; et la première em-ployoit plus les menaces que les punitions pourles crimes même avoués par leurs auteurs.

Dans toute magistrature, il faut compenser lagrandeur de la puissance par la brièveté de sa.duree. Un an est le temps que la plupart des lé-gislateurs ont fixé ; un temps plus long seroitdangereux ; un plus court seroit contre la naturede la chose. Qui est-ce qui voudrait gouvernerainsi ses affaires domestiques ? A Raguse a le chefde la république change tous les mois ; les antresofficiers , toutes les semaines ; le gouverneur duchâteau , tous les jours. Ceci ne peut avoir lieuque dans une petite république b environnée de-puissances formidables qui corrompraient aisé--ment de petits magistrats.

La meilleure aristocratie est celle où la partiedu peuple qui n’a point de part à la puissance,est si petite et si pauvre, que la partie dominanten'a aucun intérêt à l’opprimer. Ainsi , quandAntipater c établit à Athènes que ceux qui n’au-roient pas deux mille drachmes seraient exclus

a Voyages de Tonrnefort.

b A Lacques , les magistrats 11e sont établis que pour deux•mois.

c Diodore, livre XVIII, p. 601, édition de Rhodoman.