LIVRE II, CHAP. IV.
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car , s’il n’y a dans l’état que la volonté momen-tanée et capricieuse d’un seul, rien ne peut êtrefixe ; et par conséquent aucune loi fondamentale.
Le pouvoir intermédiaire subordonné le plusnaturel est celui de la noblesse 13 . Elle entre enquelque façon dans l’essence de la monarchie;dont la maxime fondamentale est, point de mo-narque, point de noblesse ; point de noblesse , pointde monarque. Mais on a un despote.
Il y a des gens qui avoient imaginé , dansquelques états en Europe, d’abolir toutes les jus-tices des seigneurs. Ils ne voyoient pas qu’ilsvouloient faire ce que le parlement d'Angleterrea fait. Abolissez dans une monarchie les piéroga-tives des seigneurs, du clergé, de la noblesse etdes villes ; vous aurez bientôt un état populaire,ou bien un état despotique.
Les tribunaux d’un grand état en Europe frap-pent sans cesse, depuis plusieurs siècles, sur lajuridiction patrimoniale des seigneurs et sur l’ec-clésiastique. Nous ne voulons pas censurer desmagistrats si sages ; mais nous laissons à déciderjusqua quel point la constitution en peut êtrechangée.
Je ne suis point entêté des privilèges des ecclé-siastiques ; mais je voudrois qu on fixât bien unefois leur juridiction. Il n’est point question desavoir si on a eu raison de l’établir, mais si elleest établie; si elle fait une partie des lois du pays,et si elle y est par-tout relative ; si. entre deuxpouvoirs que l’on reconnoît indépendants , les
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