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Tome premier.
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DE L’ ESFiUT DES LOIS,

nobles y forment un corps, qui, par sa préroga-tive et pour son intérêt particulier , réprime lepeuple ; il suffit qu’il y ait des lois, pour qu'àcet égard elles soient exécutées.

Mais autant qu'il est aisé à ce corps de répri-mer les autres , autant est-il dillicile qu’il se ré-prime lui-même a . Telle est la nature de cetteconstitution, qu'il semble cpi'elle mette les mêmesgens sous la puissance des lois , et qu’elle les enretire.

Or , un corps pareil ne peut se réprimer quede deux manières ; ou par une grande vertu , quifait que les nobles se trouvent en quelque façonégaux à leur peuple , ce qui peut former unegrande république; ou par une vertu moindre,qui est une certaine modération qui rend les noblesau moins égaux à eux-mêmes, ce qui fait leurconservation.

La modération est donc lame de ces gouverne-ments b J’entends celle qui est fondée sur lavertu , non pas celle qui vient d une lâcheté etd une paresse de l ame.

a Les crimes publics y pourront être punis, parce que c’estl'affaire de tous : les crimes particuliers n'y seront pas punis ,parce que l'affaire de tous est de ne les pas punir.