LIVRE III, C H A -f. V.
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CHAPITRE V.
Oiic la vertu n'est point le principe du gouverne-ment monarçhique.
JJ'ANS les monarchies, la politique fait faire lesgrandes choses avec le moins de vertu quellepeut; comme, dans les plus belles machines, l’artemploie aussi peu de mouvements, de forces etde roues, qu'il est possible.
Letat subsiste indépendamment de l’amourpour la patrie , du désir de la vraie gloire, durenoncement à soi-même, du sacrifice de ses pluschers intérêts , et de toutes ces vertus héroïquesque nous trouvons dans les anciens, et dont nousavons seulement entendu parler.
Les lois y tiennent la place de toutes ces vertusdont on n’a aucun besoin ; l’état vous en dispense:une action qui se fait sans bruit y est en quelquefaçon sans conséquence.
Quoique tous les crimes soient publics parleur nature, on distingue pourtant les crimes véri-tablement publics d’avec les crimes privés , ainsiappelés parce qu'ils offensent plus un particulierque la société entière.
Or, dans les républiques, les crimes privés sontplus publics, c’est-à-dire choquent plus la consti-tution de letat que les particuliers; et, dans les