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l3j. I)î l’ïsphit des lois
monarchies, les crimes publics sont plus privés,c'est-à-dire choquent plus les fortunes particulièresque la constitution de l’état même.
Je supplie qu’on ne s’offense pas de ce que j’aidit ; je parle après toutes les histoires. Je saistrès-bien qu’il n’est pas rare qu’il y ait des princesvertueux ; mais je dis que dans une monarchie ilest très-difficile que le peuple le soit 3 .
Ou’on lise ce que les historiens de tous lestemps ont dit sur la cour des monarques ;qu’on se rappelle les conversations des hommesde tous les pays sur le misérable caractère descourtisans : ce ne sont point des choses de spécu-lation , mais d'une triste expérience.
L’ambition dans l’oisiveté, la bassesse dansl’orgueil, le désir de s’enrichir sans travail, l’aver-sion pour la vérité, la flatterie, la trahison , laperfidie, l’abandon de tous ses engagements, lemépris des devoirs du citoyen, la crainte de lavertu du prince, l’espérance de ses foiblesses, et,plus que tout cela, le ridicule perpétue] jeté surla vertu, forment, je crois , le caractère du plusgrand nombre des courtisans, marqué dans tousles deux et dans tous les temps. Or, il est très-mal-aisé que la plupart des principaux d’un étatsoient mal-honnêtes gens, et que les inférieurs
a -le parle ici de la vertu politique, qui est la vertu morale,dans le sens qu’elle se dirige au bien général ; fort peu desvertus morales particulières ; et point du tout de cette vertu quia du rapport aux vérités révélées. On verra bien ceci an livre
V, e. II.