136 de l’esprit des lois,
Ainsi, clans les monarchies bien réglées, toutle monde sera à-peu-près bon citoyen, et ontrouvera rarement quelqu’un cpii soit homme debien; car, pour être homme de bien 3 , il fautavoir intention de l'être b , et aimer l’état moinspour soi que pour lui-même.
CHAPITRE VII.
Du principe de la monarchie.
T
■*~iE gouvernement monarchique suppose , com-me nous avons dit, des prééminences, des rangset même une noblesse d’ojigine. La nature deY honneur 6 est de demander des préférences etdes distinctions ; il est donc, par la chose même,placé dans ce gouvernement.
L’ambition est pernicieuse dans une républi-que 7 ; elle a de bons effets dans la monarchie:elle donne la vie à ce gouvernement ; et on y acet avantage , qu’elle n’y est pas dangereuse,parce quelle y peut être sans cesse réprimée.
Vous diriez qu’il en est comme du systèmede l’univers, où il y a une force qui éloigne sanscesse du centre tous les corps , et une force de
a Ce mot homme de bien ne s’entend ici qne dans un senspolitique.
b Voyez la note de la page 134.