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Tome premier.
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i-l 6 r> e l'esprit des lois,

Mais ce n’est pas d’une source si pure que lapolitesse a coutume de tirer son origine. Elle naîtde l’envie de se distinguer. C’est par orgueil quenous sommes polis : nous nous sentons flattésd’avoir des manières qui prouvent que nous nesommes pas dans la bassesse, et que nous n’avonspas vécu avec cette sorte de gens que l’on a aban-donnés dans tous les âges.

Dans les monarchies, la politesse est natura-lisée à la cour 6 . Un homme excessivement grand

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rend tous les autres petits. De là les égards quel’on doit à tout le monde ; de là naît la politesse,qui flatte autant ceux qui sont polis que ceux àl’égard de qu'i ils le sont, parce qu’elle fait com-prendre qu’on est de la cour, ou qu’on est digned’en être.

L’air de la cour consiste à quitter sa grandeurpropre pour une grandeur empruntée. Celle-ciflatte plus un courtisan que la sienne même. Elledonne une certaine modestie superbe qui se ré-pand au loin, mais dont l’orgueil diminue insen-siblement 7 à proportion de la distance où l’onest de la source de cette grandeur.

On trouve à la cour une délicatesse de goût sen toutes choses, qui vient d’un usage continueldes superfluités d’une grande fortune, de la véritéet sur-tout de la lassitude des plaisirs, de la mul-tiplicité , de la confusion même des fantaisies,qui, lorsqu’elles sont agréables, y sont toujoursreçues.

C’est sur toutes ces choses que l’éducation se