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Tome premier.
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IIVRE IV, CHAI'. I T.

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porte, pour faire ce qu’on appelle l’honnêtehomme 9 , qui a toutes les qualités et toutes lesvertus que l’on demande dans ce gouvernement.

Là l’honneur, se mêlant par-tout, entre danstoutes les façons de penser et toutes les manièresde sentir, et dirige même les principes.

Cet honneur bizarre fait que les vertus ne sontque ce qu’il veut, et comme il les veut : il met,de son chef, des régies à tout ce qui nous estprescrit ; il étend ou il borne nos devoirs à safantaisie, soit qu’ils aient leur source dans la reli-gion , dans la politique, ou dans la morale.

Il n’y a rien dans la monarchie que les lois,la religion et l’honneur prescrivent tant que l’obéis-sance aux volontés du prince : mais cet honneurnous dicte que le prince ne doit jamais nous pres-crire une action qui nous déshonore, parce qu’ellenous rendroit incapables de le servir.

Crillon refusa d’assassiner le duc de Guise IO ,mais il offrit à Henri III de se battre contre lui.Après la St. Barthélemi, Charles IX ayant écrit àtous les gouverneurs de faire massacrer les hugue-nots, le vicomte d'Orte , qui commandoit dansBaionne , écrivit au roi a : „ Sire, je n’ai trouvé,„ parmi les habitants et les gens de guerre , que„ de bons citoyens, de braves soldats, et pas un„ bourreau ; ainsi eux et moi supplions votre ma-,, jesté d’employer nos bras et nos vies à choses.. faisables”. Ce grand et généreux courage re-gardoit une lâcheté comme une chose impossible.

Voyez l’Histoire de d’Anbigné.