LIVRE IV, C H A P. V.
151
dit dans la dernière renverse toutes les idées T despremières. Cela vient en quelque partie du con-traste qu'il y a parmi nous entre les engagementsde la religion et ceux du monde 18 ; chose queles anciens ne connoissoient pas,
CHAPITRE V.
De l'éducation dans le gouvernement républicain ,
C
V^’est dans le gouvernement républicain quel’on a besoin de toute la puissance de l’éduca-tion I9 . La crainte des gouvernements despotiquesnaît d’elle-même parmi les menaces et les châti-ments ; l’honneur des monarchies est favorisé parles passions, et les favorise à son tour : mais lavertu politique est un renoncement à soi-même,qui est toujours une chose très-pénible.
On peut définir cette vertu , l’amour des loiset de la patrie. Cet amour, demandant une pré-férence continuelle de l’intérêt public au sien pro-pre , donne toutes les vertus particulières ; elles nesont que cette préférence.
Cet amour est singulièrement affecté aux dé-mocraties. Dans elles seules le gouvernement estconfié à chaque citoyen. Or, le gouvernementest comme toutes les choses du monde ; pour leconserver, il faut l’aimer,