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Tome premier.
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159
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LIVRE IV, C H A P. VIII.

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L’agriculture étoit encore une profession ser-vile 34 , et ordinairement c’étoit quelque peuplevaincu qui l’exerçoit : les Ilotes , chez les Lacé-démoniens ; les Périéciens, chez les Cretois ; lesPénestes, chez les Thessaliens ; d’autres 3 peuplesesclaves , dans d’autres républiques.

Enfin , tout bas commerce b étoit infâme chezles Grecs. Il aurait fallu qu’un citoyen eût rendudes services à un esclave, à un locataire, à unétranger : cette idée choquoit l’esprit de la libertégrecque. Aussi Platon veut-il c , dans ses Lois ,qu’on punisse un citoyen qui feroit le commerce.

On étoit donc fort embarrassé dans les républi-ques grecques 33 : on ne vouloit pas que les citoyenstravaillassent au commerce, à l’agriculture, ni auxarts ; on ne vouloit pas non plus qu’ils fussentoisifs d . Ils trouvoient une occupation dans lesexercices qui dépendoient de la gymnastique, etdans ceux qui avoient du rapport à la guerre e .

a Aussi Platon et Aristote veulent-ils que les esclaves cul-tivent les terres. Lois, liv VII; Politique, liv. VII, chap. X.Il est vrai que l’agriculture n’étoit pas par-tout exercée par desesclaves; au contraire, comme dit Aristote, les meilleures ré-publiques étoient celles où les citoyens s’y attachoient: maiscela n’arriva que par la corruption des anciens gouvernementsdevenus démocratiques ; car, dans les premiers temps, les villesde Grèce vivoient dans l’aristocratie,b Cauponatio.c Lib. II.

d Aristote, Politique, liv. X.

e Ars corporum exercendorum, gvmriastica ; variis certami-nibus terendorum, pædotribica. Aristote, Politique, liv. VIII,chap. III.