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Tome premier.
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i6S

DE L’ ESPRIT DES LOIS,

n’avoit pas voulu qu’un seul homme eût plusieursportions I: .

La loi qui ordonnoit que le plus proche parentépousât l'héritière naissoit d’une source pareille.Elle est donnée chez les Juifs après un pareil par-tage. Platon a , qui fonde ses lois sur ce partage ,la donne de même ; et c’étoit une loi athénienne.

Il y avoit à Athènes une loi dont je ne sachepas que personne ait connu l’esprit. Il étoit per-mis d’épouser sa soeur consanguine , et non passa soeur utérine b . 1 Cet usage tiroit son originedes républiques , dont l'esprit étoit de ne pasmettre sur la même tête deux portions de fondsde terre, et par conséquent deux hérédités. Quandun homme épousoit sa soeur du côté du père,ilnepouvoit avoir qu’une hérédité, qui étoit cellede son père ; mais, quand il épousoit sa soeurutérine , il pouvoit arriver que le père de cettesoeur, n’ayant pas d’enfants mâles, lui laissât sasuccession , et que par conséquent son frère, quil’avoit épousée, en eût deux.

Qu’on ne m’objecte pas ce que dit Philon c ,que , quoiqua Athènes on épousât sa soeur con-sanguine , et non pas sa soeur utérine , on pouvoit

a République, liv. VIII.

l> Cornélius 2v T epos, in puefat. Cet usage étoit des premierstemps : aussi Abraham dit-il de Sara: Elle est ma soeur , fille demon ph-c , et non de ma mère. Les mêmes raisons avoient faitétablir une même loi chez différents peuples.

c De specialibus legibus qtue pertineut ad præcepta De-calogi.