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les riches donnassent des dots aux pauvres 14 etn’en reçussent pas , et que les pauvres reçussentde l’argent pour leurs filles et n’en donnassentpas. Mais je lie sache point qu’aucune républiquese soit accommodée cl’un réglement pareil. Ilmet les citoyens sous des conditions dont les diffé-rences sont si frappantes , qu'ils haïroient cetteégalité même que l’on chercheroit à introduire.Il est bon quelquefois que les lois ne paroissentpas aller si directement au but quelles sc pro-posent IS .
Quoique dans la démocratie l’égalité réellesoit lame de l’état, cependant elle est si difficileà établir, qu’une exactitude extrême à cet égardne conviendrait pas toujours. Il suffit que l’onétablisse un cens a qui réduise ou fixé les diffé-rences à un certain point; après quoi c'est à deslois particulières d’égaliser 14 , pour ainsi dite , lesinégalités, par les charges qu’elles imposent auxriches, et le soulagement qu’elles accordent auxpauvres. Il n’y a que les richesses médiocres quipuissent donner ou souffrir ces sortes de compen-sations ; car, pour les fortunes immodérées, toutce qu’on ne leur accorde pas de puissance etd honneur , elles le regardent comme une injure.
a Solon fit quatre classes: la première, de ceux qui avoientcinq cents mines de revenu, tant en grains qu’en fruits liquides!la seconde, de ceux qui en avoient trois cents, et pouvoient en-tretenir un cheval; la troisième, de ceux qui n’en avoient quedeux cents; la quatrième, de tous ceux qui vivoient de leurs tyras.Plutarque, vie de Solon.