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Tome premier.
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LIVRE V. € II A P. VII I.

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L’esprit de modération est ce qu’on appelle lavertu dans l’aristocratie ; il y tient la place del'esprit d égalité dans l’état populaire.

Si le faste et la splendeur qui environnent lesrois font une partie de leur puissance, la modestieet la simplicité des manières font la force desnobles aristocratiques a . Quand ils n’affectent au-cune distinction , quand ils se confondent avec lepeuple . quand ils sont vêtus comme lui, quandils lui font partager tous leurs plaisirs, il oubliesa foiblesse.

Chaque gouvernement a sa nature et son prin-cipe. 11 ne faut donc pas que l’aristocratie prennela nature et le principe de la monarchie ; ce quiarriveroit si les nobles avoient quelques préroga-tives personnelles et particulières, distinctes decelles de leur corps : les privilèges doivent êtrepour le sénat, et le simple respect pour les séna-teurs.

Il y a deux sources principales de désordresclans les états aristocratiques , l’inégalité extrêmeentre ceux qui gouvernent et ceux qui sontgouvernés, et la même inégalité entre les différentsmembres du corps qui gouverne. De ces deuxinégalités résultent des haines et des jalousies queles lois doivent prévenir ou arrêter.

a De nos jours les Vénitiens, qui, à bien des égards, sesont conduits très-sagement, décidèrent, sur une dispute entreun noble vénitien et un gentilhomme de terre-ferme, pour unepréséance dans une église, que, hors de Venise, un noble véni-tien n’avoit point de prééminence sur un autre citoyen.

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