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Tome premier.
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lS-2 DE L’ESPRIT DES LOIS,

nobles seraient comme les princes des états des-potiques , qui confisquent les biens de qui il leurplaît.

Bientôt les profits qu’on y ferait seraient re-gardés comme un patrimoine , que l’avarice éten-drait à sa fantaisie. On ferait tomber les fermes,on réduirait à rien les revenus publics. C’est par-la que quelques états, sans avoir reçu d’échecqu’on puisse remarquer, tombent dans une fai-blesse dont les voisins sont surpris, et qui étonneles citoyens mêmes 3<: .

Il faut que les lois leur défendent aussi le com-merce : des marchands si accrédités feraient toutessortes de monopoles. Le commerce est la profes-sion des gens égaux; et, dans les états despoti-ques , les plus misérables sont ceux où le princeest marchand.

Les lois de Venise a défendent aux nobles lecommerce qui pourrait leur donner, même in-nocemment, des richesses exorbitantes.

Les lois doivent employer les moyens les pluselïicaces pour que les nobles rendent justice aupeuple. Si elles n’ont point établi un tribun, ilfaut qu’elles soient un tribun elles-mêmes.

Toute sorte d’asyle contre l’exécution des loisperd l’aristocratie ; et la tyrannie en est tout près.

Elles doivent mortifier, dans tous les temps ,

a Amelot <le la Houssaye , du Gouvernement de Venise,part. III. La loi Claudia défendoit aux sénateurs d’avoir en mer au-cun vaisseau qui tînt plus dè quarante rnuids. Tite-Live,liv. XXI.