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DE L’ESP RIT DES LOIS,
CHAPITRE X V.
Continuation du même sujet.
T)
-S-J ans les climats chauds , où règne ordinaire-ment le despotisme, les passions se font plutôtsentir, et elles sont aussi plutôt amorties a ; l’esprity est plus avancé ; les périls de la dissipation desbiens y sont moins grands ; il y a moins de faci-lité de se distinguer, moins de commerce entreles jeunes gens renfermés dans la maison ; on s’ymarie de meilleure heure : on y peut donc êtremajeur plutôt que dans nos climats d'Europe. EnTurquie la majorité commence à quinze ans b .
La cession des biens n’y peut avoir lieu. Dansun gouvernement où personne n’a de fortune as-surée , on prête plus à la personne qu’aux biens.
Elle entre naturellement dans les gouverne-ments modérés c , et sur-tout dans les républiques,à cause de la plus grande confiance que l’on doitavoir dans la probité des citoyens, et de la dou-ceur que doit inspirer une forme de gouvernementque chacun semble s'être donnée lui-même.
Si, dans la république romaine, les législateurs
a Voyez le livre des Lois, dans le rapport qu’elles ontavec la nature du climat.
b La G-uilletière, Lacéde'mone ancienne et nouvelle, p. 463.
c II en est de même des attermoïemcnts dans les banque-routes de bonne foi.