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Tome premier.
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207
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LIVRE V , C H A P. X V I I I.

Q07

Dans une monarchie , où l’honneur règne seul,le prince ne récompenseroit que par des distinc-tions , si les distinctions que l'honneur établitn’étoient jointes à un luxe qui donne nécessaire-ment des besoins : le prince y récompense doncpar des honneurs qui mènent à la fortune. Maisdans une république, où la vertu régné, motifqui se suffit a lui-même et qui exclut tous les au-tres , l’état ne récompense que par des témoi-gnaaes de cette vertu.

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C'est une règle générale que les grandes récom-penses , dans une monarchie et dans une républi-que , sont un signe de leur décadence ; parcequ’elles prouvent que leurs principes sont cor-rompus ; que d’un côté l’idée de l’honneur n'y aplus tant de force ; que de l'autre la qualité decitoyen s’est affoiblie.

Les plus mauvais empereurs romains ont étéceux qui ont le plus donné ; par exemple, Cali-gula, Claude, Néron, Othon, Vitellius, Com-mode, Héliogabale, et Caracalla. Les meilleurs,comme Auguste , Vespasien , AntoninPie, Marc-Aurèle, et Pertinax, ont été économes. Sous lesbons empereurs l’état reprenoit ses principes ; letrésor de l'honneur supplcoit aux autres trésors.