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Tome premier.
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LIVRE VI, C H A P. I.

Q17

cas bien différent®. Je ne sais sur quoi, dans cespays, le législateur pourroit statuer, ou le ma-gistrat juger. Il suit de ce que les terres appar-tiennent au prince, qu’il n’y a presque point delois civiles sur la propriété des terres 7 . IL suit dudroit que le souverain a de succéder, qu'il n’yen a pas non plus sur les successions. Le négoceexclusif qu’il fait dans quelques pays rend inuti-les toutes sortes de lois sur le commerce. Lesmariages que l’on y contracte avec des filles escla-ves font qu'il n’y a guère de lois civiles sur lesdots et sur les avantages des femmes. 11 résulteencore de cette prodigieuse multitude d’esclavescju'il n’y a presque point de gens qui aient unevolonté propre , et qui, par conséquent doiventrépondre de leur conduite devant un juge.La plupart des actions morales, qui ne sont queles volontés du père, du mari, du maître, serèglent par eux, et non par les magistrats.

J’oubliois de dire que ce que nous appelonsl’honneur étant à peine connu dans ces états,toutes les affaires qui regardent cet honneur, quiest un si grand chapitre parmi nous, n’y ontpoint de lieu. Le despotisme se suffit à lui-même ;tout est vuide autour de lui. Aussi, lorsque lesvoyageurs nous décrivent les pays où il règne,rarement nous parlent-ils de lois civiles a .

a A11 Masulipatan, on n’a pu découvrir qu’il y eût de loiécrite. Voyez le Recueil des voyages qui ont servi à l’établisse-ment de la compagnie des Indes, tome IV, part. I, page 391.I.es Indiens ne se règlent dans les jugements que sur de certaines