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DE L’ESPRIT DES LOIS,
On voit que dans les républiques il faut pourle moins autant de formalités que dans les mo-narchies. Dans l’un et dans l’autre gouvernement,elles augmentent en raison du cas que l’on y faitde l’honneur, de la fortune, de la vie, de la li-berté des citoyens.
Les hommes sont tous égaux dans le gouverne-ment républicain ; ils sont égaux dans le gouver-nement despotique: dans le premier, c’est parcequ’ils sont tout; dans le second , c’est parce qu’ilsne sont rien.
CHAPITRE 1IL
Dans quels gouvernements et clans quels cas on doitjuger selon un texte précis de la loi.
P LUS le gouvernement approche de la républi-que , plus la manière de juger devient fixe : etc’étoit un vice de la république de Lacédémoneque les éphores jugeassent arbitrairement 11 , sansqu’il y eût des lois pour les diriger. A Rome lespremiers consuls jugèrent comme les éphores: onen sentit les inconvénients , et l’on fit des lois pré-cises.
Dans le? états despotiques il n'y a point delois ; le juge est lui-même sa règle. Dans les étatsmonarchiques il y a une loi ; et là où elle est
précise