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DE L E S P R 1 T DES LOIS,
s'appliquera plus à donner des moeurs qu’à in-fliger des supplices.
C’est une remarque perpétuelle des auteurschinois 3 , que plus dans leur empire on voyoitaugmenter les supplices, plus la révolution étoitprochaine. C’est qu’on augmentoit les supplices àmesure qu’on manquoit de moeurs.
Il seroit aisé de prouver que, dans tous oupresque tous les états d'Europe , les peines ontdiminué ou augmenté à mesure qu’on s’est plusapproché ou plus éloigné de la liberté.
Dans les pays despotiques, on est si malheu-reux que l’on y craint plus la mort qu’on ne re-grette la vie ; les supplices y doivent donc êtreplus rigoureux. Dans les états modérés, on craintplus de perdre la vie qu’on ne redoute la mort enelle-même ; les supplices qui ôtent simplement lavie y sont donc suffisants.
Les hommes extrêmement heureux et les hom-mes extrêmement malheureux sont egalement
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portés à la dureté 18 ; témoins les moines et lesconquérants. Il n’y a que la médiocrité et le mé-lange de la bonne et de la mauvaise fortune quidonnent de la douceur et de la pitié.
Ce que l’on voit dans les hommes en particulierse trouve dans les diverses nations. Chez lespeuples sauvages qui mènent une vie très-dure,et chez les peuples des gouvernements despotiquesoù il n’y a qu’un homme c-xorbitamment favorisé
a Je ferai voir dans la suite que la Chine, à cet égard,est dans le cas^’une république, ou d’une monarchie.