LIVRE VI, C H A P. XII. ? 3 ]
mal ne songe qu’à cette correction : ses yeux sontouverts sur cet objet, et fermés sur les inconvé-nients. Lorsque le mal est une fois corrigé , onne voit plus que la dureté du législateur : maisil reste un vice dans l’état, que cette dureté aproduit ; les esprits sont corrompus, ils se sontsont accoutumés au despotisme.
Lysandre a ayant remporté la victoire sur lesAthéniens , on jugea les prisonniers ; on accusales Athéniens d’avoir précipité tous les captifs dedeux galères, et résolu , en pleine assemblée, decouper le poing aux prisonniers qu’ils feroient.Ils furent tous égorgés, excepté Advmante, quis’étoit opposé à ce décret. Lysandre reprocha àPhiloclès, avant de le faire mourir, qu’il avoitdépravé les esprits et fait des leçons de cruauté àtoute la Grèce.
„ Les Argiens , dit Plutarque b , ayant fait„ mourir quinze cents de leurs citoyens, les Athé-„ niens firent apporter les sacrifices d’expiation,„ afin qu’il plût aux dieux de détourner du coeur„ des Athéniens une si cruelle pensée.
Il y a deux genres de corruption ; l’un, lors-que le peuple n’observe point les lois ; l’autre,lorsqu’il est corrompu par les lois : mal incurable,parce qu’il est dans le remède même.
a Xénophou, Histoire , liv. I[.
b Œuvres murales, île ceux qui tournent les affaires d’état.
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