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Tome premier.
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LIVRE VI, CHAR. XIII.

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s’ouvrent le ventre pour la moindre fantaisie,sont-ils corrigés ou arrêtés par la vue continuelleclés supplices ? et ne s’y familiarisent-ils pas?

I.es relations nous disent, au sujet de l’éduca-tion des Japonais, qu’il faut traiter les enfants avecdouceur, parce qu’ils s'obstinent contre les peines ;que les esclaves ne doivent point être trop rude-ment traités, parce qu’ils se mettent d’abord endéfense. Par l’esprit qui doit régner dans le gou-vernement domestique n’auroit-on pas pu jugerde celui qu’on devoit porter dans le gouverne-ment politique et civil?

Un législateur sage auroit cherché à ramenerles esprits par un juste tempérament des peineset des récompenses : par des maximes de philo-sophie, de morale et de religion, assorties à cescaractères; par la juste application des règles del’honneur ; par le supplice de la honte ; par lajouissance d’un bonheur constant et d’une doucetranquillité : et, s’il avoit craint que les esprits,accoutumés à n'être arrêtés que par une peinecruelle, ne pussent plus l’être par une plus douce,il auroit agi 3 d’une manière sourde et insensible ;il auroit, dans les cas particuliers les plus gra-ciables, modéré la peine du crime, jusqu’à cequ’il eût pu parvenir à la modifier dans tous lescas.

Mais le despotisme ne connoît point ces ressorts ;

a Remarquez bien ceci comme une maxime de pratique,dans les cas où les esprits ont été gâtés par îles peines troprigoureuses.