LIVRE VI, C H A P. XVI.
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„ pris avec son bois par la ceinture , quelqu’un,, de sa suite tira son épée, coupa sa ceinture, et„ lé délivra. Il lui fit trancher la tête, parce„ qu’il avoit, disoit-il, tiré l’épée contre lui.”Qui pourroit penser que sous le même prince oneût rendu ces deux jugements?
C’est un grand mal parmi nous de faire subir-la même peine à celui qui vole sur un grandchemin et à celui qui vole et assassine. Il est vi-sible que , pour la sûreté publique , il faudroitmettre quelque différence dans la peine.
A la Chine les voleurs cruels sont coupés en,morceaux a ; les autres non. Cette différence faitqu'on y vole, mais que l’on n’y assassine pas.
En Moscovie, où la peine des voleurs et celledes assassins sont les mêmes, on assassine toujours l~Les morts, y dit-on, ne racontent rien.
Quand il n’y a point de différence dans lapeine, il faut en mettre dans l’espérance de lagrâce. En Angleterre on n’assassine point, parceque les voleurs peuvent espérer d’être transportésdans les colonies, non pas les assassins.
C’est un grand ressort des gouvernements mo-dérés que les lettres de grâce 31 . Ce pouvoir quele prince a de pardonner, exécuté avec sagesse,peut avoir d’admirables effets. Le principe dugouvernement despotique , qui ne pardonne pas,et à qui l’on ne pardonne jamais, le prive de cesavantages.
a Du Halde, tome I, page 6.
b Etat présent de la grande Russie, par Perry.