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1JE l’ E S P R I T DES LOIS,
chaque famille une révolution, et en doivent pro-duire une générale dans 1 état.
A mesure que luxe s’établit dans une répu-blique, l’esprit se tourne vers l’intérêt particulier.A des gens à qui il-ne faut rien que le nécessaire,il ne reste à désirer que la gloire de la patrie etla sienne propre. Mais une ame corrompue parle luxe a bien d’autres désirs. Bientôt elle devientennemie des lois qui la gênent. Le luxe que lagarnison de Rhège commença à connoître, fitqu’elle en égorgea les habitants.
Sitôt que les Romains furent corrompus, leursdésirs devinrent immenses 6 . On en peut jugerpar le prix qu’ils mirent aux choses. Une cruchede vin de Falerne 3 se vendoit cent deniers ro-mains ; un baril de chair salée du Pont en coûtoitquatre cents ; un bon cuisinier quatre talents :les jeunes garçons n’avoient point de prix. Quand,par une impétuosité b générale, tout le mondese portoit à la volupté, que devenoit la vertu?
a Fragment du 565 livre de Diodore , rapporté par Const.Porphyrog. Extrait des vertus et des vices.
b Cum maximus omnium impetus ad luxuriam esset. Ibid.