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Tome premier.
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574 DE l ’ esprit des lois,’

CHAPITRE XIII.

Des peines établies par les empereurs contre lesdébauches des femmes.

T

JLja loi Julie établit une peine contre l’adultère.Mais , bien loin que cette loi et celles que l’on fitdepuis là-dessus fussent une marque de la bonté desmoeurs 31 , elles furent au contraire une marquede leur dépravation.

Tout le système politique à l’égard des femmeschangea dans la monarchie : il ne fut plus ques-tion d’établir chez elles la pureté des moeurs,mais de punir leurs crimes. On ne faisoit de nou-velles lois pour punir ces crimes que parce qu’onne punissoit plus les violations, qui n’étoient pointces crimes.

L’affreux débordement des moeurs obligeoitbien les empereurs de faire des lois pour arrêterà un certain point l’impudicité 31 ; mais leur in-tention ne fut pas de corriger les moeurs en gé-néral. Des faits positifs, rapportés par les histo-riens, prouvent plus cela que toutes ces lois nesauroient prouver le contraire. On peut voir, dansDion , la conduite d’Auguste à cet égard , et com-ment il éluda et dans sa préture et dans sa censureles demandes qui lui furent faites 3 .

a Comme on lui eut amené un jeune homme qui avoitépousé une femme avec laquelle il avoit eu auparavant unmauvais commerce, il hésita long-temps, n’osant ni approuver