LIVRE VIII, C H A P. II.
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La démocratie a donc deux excès à éviter ;l’esprit d’inégalité , qui la mène à l’aristocratie ouau gouvernement d’un seul ; et l’esprit d’égalitéextrême, qui la conduit au despotisme d’un seul,comme le despotisme d’un seul lanit par la con-quête.
Il est vrai que ceux qui corrompirent les répu-bliques grecques ne devinrent pas toujours tyrans.C’est qu’ils s’étoient plus attachés à l’éloquencequ’à l’art militaire : outre qu'il y avoit dans lecoeur de tous les Grecs une haine implacablecontre ceux qui renversoient le gouvernement ré-publicain ; ce qui ht que l’anarchie dégénéra enanéantissement, au lieu de se changer en tyrannie.
Mais Syracuse, qui se trouva placée au milieud’un grand nombre de petites oligarchies changéesen tyrannies a , Syracuse , qui avoit un sénat b dontil n’est presque jamais fait mention dans l’histoire,essuya des malheurs que la corruption ordinairene donne pas. Cette ville, toujours dans la li-cence 0 ou dans l’oppression , également, travailléepar sa liberté et par sa servitude , recevant tou-jours l'une et l’autre comme une tempête, et,
a Voyez Plutarque dans les Vies de Timoléon et de Dion.
b C’est celui des six cents, dont parle Diodore.
c Ayant chassé les tyrans, ils firent citoyens des étrangerset des soldats mercenaires ; ce qui causa des guerres civiles.Aristote, Polit, liv. V, chap. III. Le peuple ayant été' cause dela victoire sur les Athéniens, la république fut changée. Ibid,chap. IV. La passion de deux jeunes magistrats, dont l’un enlevaà l'autre un jeune garçon, et celui-ci lui débaucha sa femme , fitchanger la forme de cette république. Ibid. liv. VI, chap. IV.
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