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LIVRE VIII, C H A P. XIII. 9Q9
perdit la force et la liberté pour tomber dans lafaiblesse et dans la licence.
CHAPITRE XIII.
Effet du serment chez un peuple vertueux.
Ïl n'y a point eu de peuple, dit Tite-Live a , oùla dissolution se soit plus tard introduite que chezles Romains , et où la modération et la pauvretéaient été plus long-temps honorées.
Le serment eut tant de force chez ce peuple,que rien ne l’attacha plus aux lois. Il fit bien desfois, pour l’observer, ce qu’il n’auroit jamais faitpour la gloire ni pour la patrie.
Quintius Cincinnatus, consul, ayant voulu le-ver une armée dans la ville contre les Èques et lesVolsques, les tribuns s’y opposèrent. “ Eh bien!„ dit il, que tous ceux qui ont fait serment au„ consul de l’année précédente marchent sous mes„ enseignes b ”. En vain les tribuns s’écrièrent-ilsqu’on n’étoit plus lié par ce serment ; que, quandon l’avoit fait, Quintius étoit un homme privé :le peuple fut plus religieux que ceux qui se mê-loientde le conduire; il n’écouta ni les distinctionsni les interprétations des tribuns.
Lorsque le même peuple voulut se retirer surle Mont-Sacré, il se sentit retenir par le serment
a Liv. I.
b Tite-Live, liv. III.