LIVRE XI, C H A P. V T.
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magistrats adoucit quelquefois la magistrature ; tousles nobles ne concourent pas toujours aux mêmesdesseins; on y forme divers tribunaux qui se tempè-rent. Ainsi, à Venise, le grand-conseil a la légis-lation , le pregadi l’exécution, les quaranties lepouvoir de juger. Mais le mal est que ces tribu-naux différents sont formés par des magistrats dumême corps ; ce qui ne fait guère qu’une mêmepuissance.
La puissance déjuger ne doit pas être donnéeà un sénat permanent, mais exercée par des per-sonnes tirées du corps du peuple a dans certainstemps de l’année , de la manière prescrite par laloi, pour former un tribunal qui ne dure qu’autantque la nécessité le requiert.
De cette façon la puissance déjuger, si terribleparmi les hommes , n’étant attachée ni à un cer-tain état ni à une certaine profession , devient pourainsi dire invisible et nulle. On n’a point conti-nuellement desjuges devant les yeux, et l’on craintla magistrature et non pas les magistrats.
Il faut même que, dans les grandes accusa-tions, le criminel, concurremment avec la loi, sechoisisse des juges, ou du moins qu’il en puisserécuser un si grand nombre que ceux qui restentsoient censés être de son choix.
Les deux autres pouvoirs pourroient plutôtêtre donnés à des magistrats ou à des corps per-manents, parce qu’ils ne s’exercent sur aucun par-ticulier, n’étant l’un que la volonté générale dea Comme à Athènes.