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Tome premier.
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L I V 11 E X I , C H A P, VI. 357

et aux inquisiteurs d’état de Venise, qui sont aussidespotiques.

Comme dans un état libre tout homme quiest censé avoir une ame libre doit être gouvernépar lui-même, il faudroit que le peuple en corpseût la puissance législative: mais comme cela estimpossible dans les grands états, et est sujet àbeaucoup d’inconvénients dans les petits, il fautque le peuple fasse par ses représentants tout cequ’il ne peut faire par lui-même.

L’on connoît beaucoup mieux les besoins desa ville que ceux des autres villes, et on juge mieuxde la capacité de ses voisins que de celle de sesautres compatriotes. Il ne faut donc pas que lesmembres du corps législatif soient tirés en généraldu corps de la nation ; mais il convient que, danschaque lieu principal, les habitants se choisissentun représentant.

Le grand avantage des représentants c'est qu’ilssont capables de discuter les affaires. Le peuplen’y est point du tout propre; ce qui forme un desgrands inconvénients de la démocratie.

Il n’est pas nécessaire que les représentants quiont reçu de ceux qui les ont choisis une instruc-tion générale, en reçoivent une particulière surchaque affaire, comme cela se pratique dans lesdiètes d‘Allemagne. Il est vrai que , de cette ma-nière , la parole des députés seroit plus l’expressionde la voix de la nation: mais cela jetteroit dansdes longueurs infinies, rendroit chaque député lemaître de tous les autres ; et, dans les occasions le>s