Band 
Tome premier.
Seite
359
JPEG-Download
 

LIVRE xr, CHAP. VI.

35g

mais, s’ils étoient confondus parmi le peuple, ets’ils n’y avoient qu’une voix comme les autres, laliberté commune seroitleur esclavage, et ils n’an-roient aucun intérêt à la défendre, parce que laplupart des résolutions seroient contre eux. Lapart qu’ils ont à la législation doit donc être pro-portionnée aux autres avantages qu’ils ont dans l’é-tat; ce qui arrivera s’ils forment un corps qui aitdroit d’arrêter les entreprises du peuple, commele peuple a droit d’arrêter les leurs.

Ainsi la puissance législative sera confiée et aucorps des nobles, et au corps qui sera choisi pourreprésenter le peuple, qui auront chacun leursassemblées et leurs délibérations à part, et desvues et des intérêts séparés.

Des trois puissances dont nous avons parlé,celle de juger est en quelque façon nulle. Il n’enreste que deux; et comme elles ont besoin d’unepuissance réglante pour les tempérer, la partiedu corps législatif qui est composée de nobles esttrès-propre à produire cet effet.

Le corps des nobles doit être héréditaire. Ill’est premièrement par sa nature ; et d’ailleurs ilfaut qu’il ait un très-grand intérêt à conserver sesprérogatives, odieuses par elles-mêmes, et qui,dans un état libre, doivent toujours être en danger.

Mais comme une puissance héréditaire pourraitêtre induite à suivre ses intérêts particuliers et àoublier ceux du peuple , il faut que dans les chosesoù l'on a un souverain intérêt à la corrompre,comme dans les lois qui concernent la levée de