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personne et par conséquent la conduite de celuiqui exécute. Sa personne doit être sacrée, parcequ’étant nécessaire à 1 état pour que le corps légis-latif n’y devienne pas tyrannique, dés le momentqu’il seroit accusé ou jugé, il n’y auroit plus deliberté.
Dans ce cas, l’état ne seroit point une monar-chie , mais une république non libre. Maiscomme celui qui exécute ne peut exécuter malsans avoir des conseillers méchants et qui haïssentles lois comme ministres, quoiqu’elles les favori-sent comme hommes; ceux-ci peuvent être re-cherchés et punis. Et c’est l’avantage de ce gouver-nement sur celui de Gnide , où la loi ne permettantpoint d’appeler en jugement les amymones a , mêmeaprès leur administration b , le peuple ne pouvoicjamais se faire rendre raison des injustices qu’onlui avoit faites.
Quoiqu’en général la puissance de juger riedoive être unie à aucune partie de la législative,cela est sujet à trois exceptions fondées sur l’intérêtparticulier de celui qui doit être jugé.
Les grands sont toujours exposés à l’envie; et,s’ils étoient jugés par le peuple, ils pourroient êtreen danger, et ne jouiroient pas du privilège qu'ale moindre des citoyens dans un état libre d’être
a C’étoient des magistrats que le peuple élisoit tous les ans.Voyez Etienne de Bysance.
b On pouvoit accuser les magistrats romains après leur ma-gistrature. Voyez dans Denys d’Halicarnasse,'liv. IX, l’affairedu tribun Genutius.