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Tome premier.
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jugé par ses pairs. Il faut donc que les nobles soientappelés, non pas devant les tribunaux ordinairesde la nation, mais devant cette partie du corpslégislatif qui est composée de nobles.

Il pourroit arriver que la loi, qui est en mêmetemps clairvoyante et aveugle , seroit, en de cer-tains cas, trop rigoureuse. Mais les juges de lanation ne sont, comme nous avons dit, que labouche qui prononce les paroles de la loi ; desêtres inanimés qui n’en peuvent modérer ni la forceni la rigueur. C’est donc la partie du corps légis-latif que nous venons de dire être, dans une autreoccasion, un tribunal nécessaire, qui l’est encoredans celle-ci; c’est à son autorité suprême à mo-dérer la loi en faveur de la loi même, en pronon-çant moins rigoureusement quelle.

Il pourroit encore arriver que quelque citoyen,dans les affaires publiques, violerait les droits dupeuple, et ferait des crimes que les magistratsétablis ne sauraient ou ne voudraient pas punir.Mais, en général, la puissance législative ne peutpas juger; et elle le peut encore moins dans ce casparticulier, où elle représente la partie intéressée,qui est le peuple. Elle ne peut donc être qu’ac-cusatrice. Mais devant qui accusera-t-elle? Ira-t-elles abaisser devant les tribunaux de la loi, qui luisont inférieurs, et d’ailleurs composés de gens qui,étant peuple comme elle, seraient entraînés parl’autorité d’un si grand accusateur? Non: il faut,pour conserver la dignité du peuple et la sûretédu particulier, que la partie législative du peuple

accuse