LIVRE XI, CHAR. XVIII. 3g7
malheurs dans les malheurs, et faisoient naître lesbesoins publics des besoins publics. Bien loin dedonner à de telles gens la puissance de juger, ilauroit fallu qu’ils eussent été sans cesse sous lesyeux des juges. Il faut dire cela à la louange desanciennes lois françaises ; elles ont stipulé avecles gens d’affaires, avec la méfiance que l’on gardeà des ennemis. Lorsqu’à Rome les jugements fu-rent transportés aux traitants, il n’y eut plus devertu, plus de police, plus de lois, plus de ma-gistrature, plus de magistrats.
On trouve une peinture bien naïve de ceci dansquelques fragments de Diodore de Sicile et deDion.,, Mutius Scévola, dit Diodore a , voulut„ rappeler les anciennes moeurs, et vivre de son„ bien propre avec frugalité et intégrité; car, ses„ prédécesseurs ayant fait une société avec les trai-„ tan ts, qui avoient pour lors les jugements à Rome,„ ils avoient rempli la province de toutes sortes de„ crimes. Mais Scévola fit justice des publicains,,, et fit mener en prison ceux qui y traînoient les„ autres.
Dion nous dit b que Publius RutiliuSj son lieu-tenant, qui n’étoit pas moins odieux aux cheva-liers, fut accusé à son retour d’avoir reçu des pré-sents , et fut condamné à une amende. Il fit sur-le-champ cession de biens. Son innocence parut
a Fragment de cet auteur, liv. XXXVI, dans le recueil deConstantin Porphyrogénète, des vertus et des vices,.
b Fragment de son histoire, tiré de l’extrait des vertus etdes vices.
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