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Tome cinquième.
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PERSANE S.

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lui-même ces enchantements et rappelle mes es-prits. Je me trouve pour lors si animée... Tu nele croirais pas, Usbek; il est impossible de vivredans cet état; le feu coule dans mes veines. Quene puis-je t’exprimer ce que je sens si bien ! etcomment scns-je si bien ce cpie je ne puis t’ex-primer? Dans ces momens, Usbek, je donneraisl'empire du monde pour un seul de tes baisers.Ou’ une femme est malheureuse d’avoir des désirs

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si violents, lorsqu’elle est privée de celui qui peutseul les satisfaire ; que, livrée à elle-même , n’ayantrien qui puisse la distraire, il faut qu’elle vivedans l’habitude des soupirs et dans la fureur d’unepassion irritée; que, bien loin d’être heureuse,elle n’a pas même l’avantage de servir à la féli-cité d’un autre ! ornement inutile d’un serrail ,gardée pour l’honneur et non pas pour le bon-heur de son époux!

Vous êtes bien cruels, vous autres hommes!Vous êtes charmés que nous ayons des passionsque nous ne puissions pas satisfaire : vous noustraitez comme si nous étions insensibles , et vousseriez bien fâchés que nous le fussions : vous croyezque nos désirs, si long-temps mortifiés, seront ir-rités à votre vue. Il y a de la peine à se faire ai-mer ; il est plus court d’obtenir du désespoir denos sens ce que vous n’osez attendre de votremérite.

Adieu, mon cher Usbek, adieu. Compte queje ne vis que pour t’adorer : mon ame est toutepleine de toi ; et ton absence, bien loin de te