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LETTRES
faire oublier, animeroit mon amour s’il pouvoitdevenir plus violent.
Du serrait d'Ispahan, le le de 1 *lune de Rebiab, i, 1711.
L E T T R E VIII.
U S B E K A SON AMI R U S T A N.
A Ispahan.
^ ^A lettre m’a été rendue à Erzeron , où je suis.
Je m’étois bien douté que mou départ feroit dubruit; je ne m’en suis pas mis en peine. Que veux-tu que je suive? la prudence de mes ennemis oula mienne ?
Je parus à la cour dès ma plus tendre jeunesse :je le puis dire , mon cœur ne s’y corrompit point;je formai un grand dessein, j’osai y être vertueux.Dès que je connus le vice, je m’en éloignai;mais je m’en approchai ensuite pour le démas-quer. je portai la vérité jusqu’au pied du trône;j’y parlai un langage jusqu’alors inconnu ; je dé-concertai la flatterie, et j’étonnai en même tempsles adorateurs et l’idole.
Mais quand je vis que ma sincérité m’avoit faitdes ennemis ; que je m’étois attiré la jalousie desministres sans avoir la faveur du prince ; que ,dans une cour corrompue , je ne me soutenoisplus que par une foible vertu, je résolus de laquitter. Je feignis un grand attachement pour les