PERSANES.
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sciences; et, à force de le feindre, il me vint ré-ellement. Je ne me mêlai plus d’aucune affaire,et je me retirai dans une maison de campagne.Mais ce parti même avoit ses inconvénients. Jerestois toujours exposé à la malice de mes en-nemis, et je m’étois presque ôté les moyens dem’en garantir. Quelques avis secrets me firentpensera moi sérieusement: je résolus de m’exilerde ma patrie ; et ma retraite même de la courm’en fournit un prétexte plausible. J’allai au roi;je lui marquai l’envie que j’avois de m’instruiredans les sciences de l’occident ; je lui insinuaiqu’il pourroit tirer de l’utilité de mes voyages. Jetrouvai grâce devant ses yeux: je partis, et je dé-robai une victime à mes ennemis.
Voilà, Rustan , le véritable motif de mon voya-ge. Laisse parler Ispahan ; ne me défends quedevant ceux qui m’aiment. Laisse à mes ennemisleurs interprétations malignes ; je suis trop heureuxque ce soit le seul mal qu’ils me puissent faire.
On parle de moi à présent : peut-être ne serai-je que trop oublié, et que mes amis. . . . Non,Rustan, je ne veux point me livrer à cette tristepensée: je leur serai toujours cher; je compte surleur fidélité comme sur la tienne.
D’Erzeron, le :o de la lune deGemmadi, 2, 1711.