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Tome cinquième.
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LETTRES

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LETTRE IX.

LE PREMIER EUNUQUE A IbBI.A Erzeron.

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JL u suis ton ancien maître dans ses voyages ; tuparcours les provinces et les royaumes ; les cia-grins ne sauroient faire d’impression sur toi ; chacueinstant te montre des choses nouvelles ; tout ce euetu vois te récrée, et te fait passer le temps sam lesentir.

Il n’en est pas de même de moi, qui, enfernédans une affreuse prison , suis toujours enviromédes mêmes objets et dévoré des mêmes chagriis.Je gémis accablé sous le poids des soins et des n-quiétudes de cinquante années, et, dans le coirsd’une longue vie, je ne puis pas dire avoir eu mjour serein et un moment tranquille.

Lorsque mon premier maître eut formé le crielprojet de me confier ses femmes, et m’eut obligé,par des séductions soutenues de mille menaces,deme séparer pour jamais de moi-même, las de serirdans les emplois les plus pénibles, je comptai sacri-fier mes passions à mon repos et à ma fortune. Mal-heureux que j’étois! mon esprit préoccupé me ai-soit voir le dedommagement, et non pas la pere ;j’espérois que je serois délivré des atteintes de ’a-mour par l’impuissance de le satisfaire. Hélas ! méteignit en moi l’effet des passions sans en éteimrela cause ; et, bien loin d’en être soulagé, je ne