PERSANES.
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Apres plusieurs commandements réitérés, ellefut obéie; mais elle ne le fut que lorsqu’elle voulutl’être bien sérieusement. Elle se reposa languis-samment, et s’endormit dans leurs bras. Deuxmoments de sommeil réparèrent sa lassitude : ellereçut deux baisers qui l’enflammèrent soudain etlui firent ouvrir les yeux. Je suis inquiète, dit-elle ; je crains que vous ne m’aimiez plus. C’étoiüun doute dans lequel elle ne vouloit pas resterlong-temps; aussi eut-elle avec eux tous les éclair-cissements qu’elle pouvoit désirer. Je suis désa-busée, s’écria-t-elle; pardon, pardon; je suis sûrede vous. Vous ne me dites rien ; mais vousprouvez mieux que tout ce que vous me pourriezdire: oui, oui, je vous le confesse, on n’a jamaistant' aimé. Mais quoi ! vous vous disputez tousdeux l’honneur de me persuader! Ah! si vous vousdisputez, si vous joignez l’ambition au plaisir dema défaite, je suis perdue; vous serez tous deuxvainqueurs, il n’y aura que moi de vaincue: maisje vous vendrai bien cher la victoire.
Tout ceci ne fut interrompu que par le jour.Ses fidèles et aimables domestiques entrèrent danssa chambre, et firent lever ces deux jeunes hom-mes, que deux vieillards ramenèrent dans les lieuxoù ils étoient gardés pour ses plaisirs. Elle se levaensuite, et parut d’abord à cette cour idolâtre dansles charmes d’un déshabillé simple , et ensuitecouverte des plus somptueux ornements. Cettenuit l’avoit embellie; elle avoit donné de la vieà son teint, et de l’expression à ses grâces. Ce ne