FAMILIERES.
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prouve que c’est le service naturel de votre nation.Quels que soient les revers actuels de la cour deVienne, je ne les regarde que comme des dis-grâces passagères; car une grande et ancienne puis-sance , qui a des forces naturelles et intrinsèques,ne sauroit tomber tout-à-coup. En supposantmême quelques échecs, le service y sera toujoursplus solide que celui d’une puissance naissante. Ily a tout à parier que la cour de Turin, dans laguerre présente , fera cause commune avec cellede Vienne ; par conséquent, les raisons qui vousdétournèrent, en quittant le Piémont, de passerau service autrichien a , cessent dans les circons-tances présentes. Je ne vois pas même de meilleurmoyen de vous moquer de l’inimitié du marquisd’Orméa , que de servir une cour alliée, dans
a Comme, durant la guerre qui venoit de se terminer entreles cours de Vienne et de Turin, les comtes de Guasco avoiencfait toutes les campagnes au service de la dernière, en quittantce service ils crurent ne devoir pas fournir au marquis d’Orméal’occasion de noircir cette démarche en entrant alors au servicede la cour de Vienne, de peur d’attirer par-là de nouveauxchagrins à leur père, qui vivoit encore. Ils prirent en consé-quence la résolution de passer en Russie, puissance sous laquelleils ne se trouveroient jamais dans le cas de porter les armescontre leur souverain, et qui, en ce temps-là , offroit beaucoupd'avantages aux étrangers qui voudroient entrer à son service;mais la dureté du climat , et les révolutions dont ils furenttémoins, les déterminèrent à profiter de la guerre survenue enAllemagne à la suite de la mort de l’empereur Charles VI, afinde suivre leur première inclination pour le service de la maisond'Autriche.