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Tome premier.
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1^6 DE L’ E S P R 1 T.

sonate. Mais, en accordant que les nations opulentesse procurent quelques commodités inconnues auxpeuples pauvres , qui jouira de ces commodités - unpetit nombre d’hommes privilégiés & riches, qui, seprenant peur la nation entière , concluent de leuraiíance particulière que le paysan est heureux. Mais,quand mente ces commodités leroitnt réparties entreun plus grand nombre de citoyens, de quel prix estcet avantage, comparé à ceux que procure à des peuplespauvres une ame forte , courageuse , & ennemie del’esclavage ? Les nations chez qui le luxe s'introduitfont tôt ou tard victimes du despotisme ; elles pré-sentent des mains foihles & débiles aux fers dont iatyrannie veut les charger. Comment s’y soustraire ?Dans ces nations les uns vivent dans la mollelîe ,& la molleíîe ne peníe ni ne prévoir : les autres lan-guilîent dans la misère ; & le betoin pressant, entière-ment occupé à se satisfaire , n’élève point ses regardsjusqu’à la liberté. Dans la forme delpotique , lesrichesses de ces nations font à leurs maîtres ; dans íaferme républicaine , elles appartiennent aux genspuistans, comme aux peuples courageux qui lesavot-íìnenr.

“ Apportez-nous vos trésors , auroient pu dire les» Romains aux Carthaginois > ils nous appartiennent :» Rome & Carthage ont toutes deux voulu ; ntrt-» chir ; mais elles ont paris des routes différentes pour•-> arriver à ce but. Tandis que vous encouragiez 1 in-» dustrie de vos citovens , que vous érabhíiic-z des« manufactures , que vous couvnez ia mer de vos