DE L' E S P R I T.
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CHAPITRE IV.
Dc l’abus des Mots.
Une autre cause Terreur, Sc qui tient pareillementà l’ignorance , c’est l’abus des mots & les idées peunettes qu’on y attache. M. Locke a si heureulementtraite ce sujet, que je ne m'en permets 1 examen quepour épargner la peine des recherches aux lecteurs, quitous n'on t pas l’ouvrage dé ce philosophe égalementprésent à ì’eíprir.
Descavtes avoir déjà dit, avant Locke , que lespéripatéticiens , retranchés derrière l'oh feu ri té desmots, étoient alsez semblables à des aveugles, qui ,pour rendre le combat égal , attireraient un hommeclairvoyant dans une caverne obscure: que cet homme,ajourait-il , sache donner du jour à la caverne, qu ilforce les péripatéticiens d’attacher des idées nettes auxmots dont ils se servent ; son triomphe est afíuré.D’après Descartes &c Locke , je vais donc prouverqu'en métaphysique Sc en morale , l'abus des mots Scl’ignorance de leur vraie signification est , h j’oíe ledire , un labyrinthe où les plus grands génies le fontquelquefois égarés. Je prendrai pour exemple quel-ques-uns de ces mots qui ont excité les disputes les pluslongues «Sc les plus vives entre les philosophes : tels