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Tome premier.
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DE L' E S P R I T. ìQt

Póur terminer cette dispute , il n’étoit donc pointnécessaire de bâtir dissérens systèmes du monde , deíe perdre dans la combinaison des possibilités, & defaire ces efforts prodigieux d’eíprir, qui n’ont abouti& n’ont dû réellement aboutir qu a des erreurs plusou moins ingénieuses. En effet ( qu’il me soit permisde le remarquer ici), s’il faut tirer tout le parti possiblede 1 observation , il faut ne marcher qu’avec elle, s’ar-rêter au moment qu’elle nous abandonne, & avoirle courage d’ignorer ce qu’on ne peut encore lavoir.

Instruits par les erreurs des grands-hommes qui nousont précédés , nous devons sentir que nos observa-tions multipliées 8c rassemblées suffisent à peine pourformer quelques-uns de ces systèmes partiels renfer-més dans le système général j que c’est des profondeursde l’imagination qu’on a jusqu’à présent tiré celui del’univers ; & que, si l'on n’a jamais que des nouvellestronquées des pays éloignés de nous, les philosophesn’ont pareillement que des nouvelles tronquées dusystème du monde. Avec beaucoup d esprit & de com-binaisons , ils ne débiteront jamais que des fables ,jusqu’âce que le temps êc le hasard leur aient donné uns.it général, auquel tous les autres puissent se rapporter.

Ce que j’ai dit du mot de matière , je le dis de celuiff espace; la plupart des philosophes en ont fait un être,&' l’ignorance de la signification de ce mot a donné iieuà des longues disputes (i). Ils les auroient abrégées ,

(t) Voyez les disputes de Clarck Sc de Leibrtìtz.Terne L L