l 6 r de l' e s p r i t.
s’ils avoienc artaché une idée nette à ce m or : ils se-roi en t alors convenus que l’elpace, contideré abstrnc-tivement, est le pur néant ; que l’c-space , considérédans les corps , est ce qu’on appelle l’étendue ; quenous devons l’idée de vide , qui compose en partiel’idée d’espace, à sintervalle apperçu entre deux mon-tagnes elevées ; intervalle qui, n’étant occupé que parl’air, c’est à dite , par un corps qui, d une certainedistance, ne stiit fur nous aucune impression sensible,a dû nous donner une idée du vide , qui n’est autrechose que la possibilité de nous représenter des mon-tagnes éloignées les unes des autres , fans que la dis-tance qui les sépare toit remplie par aucun corps.
A legard de l'idée de Y infini s renfermée encore dansl’idée de l ’espace _, je dis que nous ne devons cette idéede l’infini qu’à la puilíance qu’un homme placé dansune plaine a d’en reculer toujours les limites, fansqu’on puisse , à cet égard, fixer le terme où son ima-gination doive s'arrêter : Y absence des bornes est donc,en quelque genre que ce toit, la seule idée que nouspuisions avoir de l infini. Si les philosophes , avantque d’érablir aucune opinion fur ce sujet, avoient dé-terminé la signification de ce mot à'infini 3 je croisque , forcés d’adopter la définition ci-destus, ils n’au-roienr pas perdu leur temps à des disputes frivoles.C'està la fausse philosophie des siécles précédens qu’ondoit principalement attribuer l'ignorance grossière oùnous sommes de la vraie signification des mots : cettephilosophie consistoit presque entièrement dans fartd’en abuser. Cet art, qui faisoit toute la ícience des