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Pour aimer les hommes, il faut en attendre peu:pour voir leurs défauts fans aigreur, il faut s accou-tumer à les leur pardonner , sentir que l’indulgenceest une justice que la foible humanité est en droitd’exiger de la sagesse. Or, rien de plus propre à nousporter à l’indulgence, à fermer nos cœurs à la haine,à les ouvrir aux principes dune morale humaine Scdouce, que laconnoissance profondeducœur humain,telle que 1 avoir M. de la Rochefoucault : aulìì leshommes les plus éclairés ont-ils presque toujours étéles plus indulgens. Que de maximes d’humanité ré-pandues dans leurs ouvrages ! Vïve\ , difoit Platon ,avec vos inférieurs & vos domestiques comme avec desamis malheureux. -- Entendrai-je toujours, difoit un« philosophe Indien , les riches s’écrier : Seigneur,-- frappe quiconque nous dérobe la moindre parcelle» de nos biens ; tandis que d’une voix plaintive âc les» mains étendues vers le ciel, le pauvre dit : Seigneur-- fais-moi part des biens que tu prodigues au riche ; Sc» si de plus infortunés rn’en enlèvent une partie , je»» n’implorerai point ta vengeance , & je considérerai-- ces larcins de l’œil dont on voir, au temps des fe-» mailles, les colombes se répandre dans les champsw pour y chercher leur nourriture ”,
Au reste , si le mot d’amour-propre, mal entendu,a soulevé tant de petits esprits contre M. de la Roche-foucault , quelles disputes, plus sérieuses encore, n’apoint occasionné le mot de liberté ? disputes qu’oneûtfacilement terminées, si tous les hommes, aussi amis